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L’Assommoir

Les Rougon-Macquart

dimanche 9 juillet 2006

Sommaire


  1. Biographie
    d’Emile Zola

  1. Résumé
    de l’œuvre


  1. Etude
    des personnages


  • Gervaise

  • Coupeau
    et Lantier

  • Nana


  1. Les
    Rougon-Macquart
     : emblème du naturalisme


  • La
    société du Second Empire

  • Une
    famille marquée par l’hérédité

  • Une
    galerie de personnages

  • Un
    réseau d’images et de mythes


  1. Le
    mouvement naturaliste et ses membres


  1. Mon
    impression sur l’Assommoir






1) Biographie d’Emile Zola, naturaliste

Dans un XIXème siècle littéraire dominé par le genre romanesque, Émile Zola, fasciné par la méthode scientifique, convaincu que le romancier est un observateur et un expérimentateur, poursuit un rêve de connaissance totale du sujet humain, dont le roman doit être l’instrument. Dans cette visée, il se confond avec le naturalisme comme esthétique et comme vision du monde, mais en retour le naturalisme se confond avec lui : il a, à la fois, inventé et épuisé la méthode et ses réalisations possibles.

Né à Paris en 1840, il est le fils d’un ingénieur vénitien chargé des travaux du canal d’Aix‑en‑Provence, et il n’a que sept ans lorsque son père meurt. Commence alors une période de grande gêne, parfois au bord de la misère, pour sa mère et lui-même, enfant unique, boursier, contraint de fréquenter un collège où il fait des études juste convenables, mais où il rencontre Paul Cézanne, qui sera longtemps son ami. En 1858, âgé de dix‑huit ans, il rejoint sa mère à Paris, où elle tente de faire reconnaître ses droits par la Société du canal d’Aix. Elle perd son procès en 1859, l’année où Zola échoue au baccalauréat. Cet échec le conduit à abandonner ses études pour chercher du travail. Pendant trois années de vaines demandes d’emploi, il écrit des poèmes, des contes marqués d’un romantisme qu’il va tenter de tuer en lui. Entre temps, il fréquente les ateliers d’amis peintres et se rapproche des Républicains qui s’opposent à la République du Second Empire.
De 1862 à 1866, il occupe un modeste emploi à la librairie Hachette mais en quelques mois il devient chef de publicité et se lie d’amitié avec les auteurs de chez Hachette, entre autres Littré. Dès 1863, il collabore avec différents journaux et son activité de journaliste occupera une place importante dans sa vie. En 1871, il est journaliste parlementaire à la Cloche et collaborateur régulier du Sémaphore de Marseille et du Messager de l’Europe, mensuel dans lequel paraîtront en 1878 les Romanciers contemporains et, en 1879, l’art poétique du mouvement naturaliste, le Roman expérimental.
Les années passées chez Hachette ont permis à Zola de comprendre le mouvement des idées et des affaires : c’est ainsi qu’il presse parfaitement le rôle décisif de la publicité. Il écrit et travaille inlassablement, et, en 1867, il publie son premier roman, Thérèse Raquin, tandis qu’il jette sur le papier les plans de son Histoire d’une famille (il prévoit dix volumes, il y en aura vingt, dont l’écriture prendra vingt‑cinq ans). Il fréquente alors Manet, Monet, des critiques, des intellectuels. En 1870, il se marie et précise son projet des Rougon‑Macquart, sans dissimuler qu’il s’agit pour lui de se faire une place et de gagner de l’argent, ce qui sera, jusqu’au succès de l’Assommoir, l’une de ses obsessions avec celle de rendre à sa mère sa dignité sociale perdue.

2) Résumé de l’œuvre

Gervaise, accompagnée de ses deux fils, a suivi son amant Auguste Lantier jusqu’ à Paris en laissant derrière elle sa vie à Plassans. Très vite, elle est abandonnée par Lantier et se retrouve dans une situation très précaire. Elle trouve alors un emploi de blanchisseuse : cela lui permet de sortir de sa misère. Elle formule alors un rêve : être simplement heureuse. C’est alors que Coupeau, un zingueur, décide de la courtiser. Gervaise finit par l’épouser malgré quelques craintes.
Le nouveau couple connaît une certaine prospérité grâce à des économies draconiennes et s’agrandit avec l’arrivée d’une petite fille : Anna surnommée Nana. Gervaise commence à entrevoir son rêve de toujours : avoir sa propre blanchisserie. Malheureusement, un accident vient briser ce rêve : Coupeau chute d’un toit et se casse une jambe. Gervaise le fait ramener chez elle, décide de le soigner et pour cela puise dans ses économies.
Ayant pratiquement abandonné son rêve, Gervaise retrouve l’espoir grâce à son voisin, Goujet, qui lui prête l’argent nécessaire à l’achat du magasin. Celui-ci aura comme enseigne Blanchisseuse de fin.
Gervaise est heureuse et fait prospérer sa blanchisserie, elle engage même deux femmes pour pouvoir répondre à la demande qui ne fait qu’augmenter. Cependant derrière ce bonheur apparent se cache un danger : Coupeau, devenu infirme, est gagné peu à peu par la paresse et surtout par l’alcool. En effet il passe la plus grande partie de son temps à l’Assommoir, le bar du quartier. Gervaise ferme les yeux sur le comportement de son mari et doucement glisse vers un certain laxisme. Se négligeant, elle laisse couler son commerce et est abandonnée de tous sauf de Goujet. Son malheur et sa déchéance s’accentuent avec le retour de Lantier. L’ancien amant se lie d’amitié avec le mari et, ensemble, ils vont dans les bars. Un soir Coupeau ramène Lantier chez lui. Très vite ce dernier reprend son emprise sur Gervaise avec la bénédiction du mari. Chaque jour qui passe, Gervaise s’enfonce de plus en plus dans la déchéance : elle néglige son magasin, accumule les dettes et perd son dernier ami Goujet. Bientôt c’est au tour de Nana de fuir.
Gervaise, gagnée par l’alcoolisme, est devenue bouffie et sale. Le coup de grâce lui est donné par une de ses anciennes employées : Virginie. Cette dernière ayant racheté la blanchisserie accepte de prendre Gervaise qui doit laver le sol, tout cela sous le regard de Lantier, devenu l’amant de Virginie.
Devenu fou, Coupeau meurt et Gervaise se fait expulser de sa chambre. N’ayant plus rien, elle décide de vendre son corps mais personne n’en veut. Elle finit par mourir, abandonnée de tous, dans sa dernière demeure : une niche sous un escalier.

3) Etude des personnages

- Gervaise

Gervaise, doit-on rappeler, appartient à la famille des Rougon-Macquart, originaire de Plassans, près de Marseille, selon ses propres indications à Mme Boche au début de la scène du lavoir. Son père, Antoine Macquart, est un des bâtards de la tante Dide, l’aïeule de toute la famille, et son appartenance au monde des bâtards signifie d’avance pour Gervaise une destinée difficile, dont les enfants légitimes, les Rougon seront en général exceptés. Elle est affligée d’une fâcheuse hérédité alcoolique, qui explique curieusement son infirmité dès sa naissance, selon La Fortune des Rougon, le premier roman de la série, où elle se trouve déjà présentée. Son attitude primordiale est la peur de la vie, qui cache mal une véritable fascination de la mort. Elle a peur d’être laissée seule en face de Paris, quand elle est abandonnée par Lantier, elle ne peut réprimer un sursaut de craint devant la grande maison où habitent les Lorilleux et qui va devenir aussi la sienne, elle est prise d’un frisson devant l’alambic de l’Assommoir du père Colombe. Paris, le grand immeuble, l’alambic, autant de monstres pour elle, qui terrifient l’humanité profonde du personnage aimé de Zola. Mais sa terreur se changera peu à peu en désir funèbre, et devant la mort personnifiée par Bazouge elle hésite entre l’horreur et la curiosité, « car, à certaines heures, malgré sa peur, elle gardait toujours son béguin épouvanté ». En elle se confondent la hantise et le goût du néant. C’est pourquoi, dans l’incertitude où elle demeure, elle essaie perpétuellement de trouver des refuges contre elle-même, en s’identifiant à son travail ou à sa boutique, en se laissant aller à la gourmandise qui lui permet de s’unir à la matière ou même en s’accommodant de la saleté qui l’entoure, dans sa blanchisserie, pour s’y blottir dans un nid de crasse et de graisse. En vain puisque sa destinée l’entraîne, dans ce roman de la chute, à tomber toujours plus bas. Et en définitive si sa peur de la vie l’amène à la mort, c’est peut-être parce que, étouffée par le monde de réalité sordide qui l’entoure, elle essaie de se réfugier dans le rêve, ou du moins dans une vague rêverie qui lui masque le réel. Car elle est un personnage idéal, idéaliste, et un peu idéalisée, qui va mourir de misère, mais plus encore si possible de la fin horrible de son amour pour Goujet, ce qui risque de lui faire quitter la tragédie pour le mélodrame, où elle rejoindrait alors sa protégée et son double, la petite Lalie Bijard.

- Coupeau et Lantier

Coupeau et Lantier, face à Gervaise, s’opposent et se ressemblent. Ils s’opposent comme le bon et le mauvais ouvrier, tel Goujet en face de Bec-Salé. Ils se ressemblent parce qu’ils s’assemblent pour finalement pousser Gervaise à la misère et à la rue. Mais il y a entre eux cette différence essentielle que Lantier n’est visiblement qu’un opérateur romanesque tandis que Coupeau acquiert progressivement la complexité et l’ampleur d’un personnage de premier plan, capable d’évolution, et donc pourvu d’un destin. Il n’apparaît d’abord que pour relancer l’action interrompue par le départ de Lantier et pour insérer Gervaise dans la communauté d’un quartier, d’une maison, d’une famille. Et l’allusion à l’alcoolisme du père de Coupeau, dès le début, semble trop exactement symétrique de la référence à l’anisette bue par la mère de Gervaise à Plassans. Tout change pourtant à partir de l’instant de l’accident, et l’analyse de Zola devient alors beaucoup plus subtile pour rendre compte des dangers de l’inaction dans une vie jusque-là rythmée par la cadence du travail, qui s’abandonne aux délices de la paresse, puis aux poisons distillés par l’Assommoir. Les réactions de Coupeau, endoctriné par les Lorilleux, puis par Lantier, vis-à-vis d’Etienne, l’enfant du premier lit, et de Goujet, l’amoureux sans espoir de Gervaise, montrent alors en lui le développement d’une véritable psychologie, où la jalousie le dispute au plaisir de faire le mal, qui l’amènera, une fois repris par la tare héréditaire, à essayer de pervertir à son tour Gervaise, pour l’entraîner avec lui dans la misère, et la faire sombrer dans l’abrutissement.

- Nana

Il est pourtant une figure qui doit retenir l’attention, pour ce qu’elle est dans le roman, et tout autant pour ce qu’elle sera dans une œuvre ultérieure. Il s’agit, bien entendu, de Nana, dont le destin entretient avec celui de Gervaise des rapports très étroits et très étranges. Anna, dite Nana, fille de Coupeau, présente en fait des dispositions au vice et à la paresse qui seraient beaucoup plutôt celles de Lantier que celles de l’ouvrier couvreur. Car, en vertu d’une croyance partagée par Zola avec toute son époque, l’imprégnation de Gervaise par son premier amant détermine durablement ses conceptions successives, même lorsqu’un autre homme l’a rendue mère une nouvelle fois. Porteuse ainsi d’un héritage doublement détestable, celui des Lantier, celui des Macquart, Nana oriente sa vie dans une direction de plus en plus contraire à celle de sa mère, et la dernière partie du roman, qui accentue la description de la progressive déchéance de Gervaise, met en valeur, à l’inverse, l’évolution de plus en plus rapide de sa fille vers la richesse et la gloire équivoque des femmes entretenues et des demi-mondaines du Second Empire célébrées par Dumas fils. Elle finira par être la désolation de la blanchisseuse, mais en fait, selon Zola, sa revanche sur son destin de misère et de honte. Car sur le boulevard Ornano qu’on vient de percer, on voit apparaître, à la fin du roman, « une maison à six étages, sculptée comme une église, dont les fenêtres claires, tendues de rideaux brodés, sentaient la richesse », et dont la vue est bientôt insupportable à Gervaise persuadée, à juste titre, que « des bâtisses pareilles, c’était pour des catins comme Nana ». Mais l’ironie du destin de la blanchisseuse voudra qu’elle finisse par imiter maladroitement, en essayant de se prostituer sur les grands boulevards, les allures superbe de la « marquise des hauts trottoirs », promise à l’empire de la galanterie, comme l’annonce déjà dans l’Assommoir l’image satirique représentant « Napoléon III, les jambes nues, ayant gardé seulement le grand cordon de la Légion d’honneur, poursuivant une gamine qui se dérobait à sa luxure », qui anticipe sur la représentation du comte Muffat, grand chambellan de l’Empereur, poursuivant de ses assiduités, dans Nana , la fille de Gervaise devenue la reine du Tout-Paris. Ainsi, dans l’Assommoir, sont dénoncées à la fois, dans les destinées inverses de Gervaise et de Nana, l’injustice de la condition faite à l’ouvrier et à la femme sous le Second Empire, et l’indignité d’un régime politique dont les représentants ne songent qu’au plaisir et à la corruption.

4)Les Rougon-Macquart : emblème du naturalisme

- La société du Second Empire

Au moment où Zola commence son cycle romanesque, vaste fresque en vingt volumes de l’« Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire », son projet esthétique doit à la fois à Taine et à Claude Bernard d’une part, à Littré de l’autre : des deux premiers, il tire l’idée que le romancier doit procéder comme le savant qui expérimente, et tenir, dans ses observations, le plus grand compte des conditions sociohistoriques déterminantes pour le sujet humain ; à Littré, il emprunte une méthode, qui a permis au lexicographe de classer scientifiquement les matières et d’aboutir à l’entreprise extraordinaire du dictionnaire. Deux textes théoriques structurent le travail d’écriture des Rougon‑Macquart : la préface du premier roman du cycle, la Fortune des Rougon (1870), et le Roman expérimental (paru en 1880). La préface délimite un territoire - une famille française sous le Second Empire - et se propose d’évoquer, à travers les destins contraires de ses différents membres, les aventures et les transformations du corps social. C’est dire que l’histoire immédiate comptera et que le formidable mouvement économique (fortunes et ruines soudaines, affairisme et corruption) qui agite le Second Empire sera au premier plan. Au milieu du parcours - le Roman expérimental est contemporain de Nana, le neuvième roman du cycle -, Zola fait le point sur ce qui est devenu une esthétique : celle du roman naturaliste, véritable creuset où les faits collectés sont soumis à l’épreuve des modifications qu’imposent les circonstances et les milieux.

- Une famille marquée par l’hérédité

Pour autant, le roman de Zola n’est pas une transcription objective - ni mathématique - du réel : le romancier est bien un créateur, un tempérament qui voit et dévoile un coin du monde. Ce tempérament est guidé par un choix, un fil directeur dans l’obscurité de la réalité : pour Zola, ce fil sera celui de l’hérédité, outil qui lui permettra de classer scientifiquement les matériaux du roman. Au sommet de l’arbre généalogique des Rougon‑Macquart, il y a l’hérédité de tante Dide, qui accouche d’une infinité de possibles selon les tempéraments et les milieux. Premier roman de la saga, la Fortune des Rougon est un vrai roman des origines : il conte la lutte de deux fils de tante Dide, Pierre Rougon et Antoine Macquart, le premier s’emparant de la fortune de sa mère au détriment de son demi‑frère. L’action se joue entre le 7 et le 11 décembre 1851, quelques jours après le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte : les Rougon sont, un cran en dessous, des usurpateurs comme Napoléon le Petit, et, comme lui, ils réussiront par le vol, le crime et la corruption. Le Docteur Pascal, le dernier roman, est une mise en abîme de toute l’œuvre : biologiste, le médecin étudie l’hérédité, et sa famille est son objet privilégié. Regard du romancier dans le roman, il révèle la tare originelle, la folie de tante Dide, et, malgré les obstacles, explique à sa nièce Clotilde - qui devient sa maîtresse - les lois de la vie et les forces de la nature, à laquelle, décidément, il faut faire confiance. Les Rougon‑Macquart se terminent sur une morale simple mais conquise sur tant de souffrances, de haines, de crimes, d’illusions, qu’elle paraît singulièrement grave : connaître et aimer la vie, la vivre telle qu’elle doit être vécue.

- Une galerie de personnages
Durant tout le cycle, Zola a construit des intrigues et des figures inoubliables, inventé des contrastes puissants qui prennent dans le souvenir des dimensions épiques et mythiques : l’opposition des « gras » - béats nantis et conformistes - et des « maigres » - rêveurs idéalistes -, dans le Ventre de Paris ; l’alambic de l’Assommoir, l’affreux engrenage de l’alcoolisme et de la violence ; la folie de l’or et de la chair dans Nana, prostituée superbe morte à dix‑neuf ans, rongée par la syphilis, femme fatale où l’homme vient se perdre ; l’exigence de la création comme un absolu, dans l’Œuvre, où le peintre Claude Lantier lutte désespérément pour faire de la vie avec de la toile et des couleurs, et, autre victime de l’hérédité, finit par se pendre devant un tableau inachevé ; la fascination trouble que le mécanicien Jacques Lantier éprouve, dans la Bête humaine, pour Lison, sa locomotive, qu’il aime comme une femme... Face à ces récits, quelques romans apparaissent comme de vrais contes de fées : Une page d’amour, Au bonheur des dames ou le Rêve.

- Un réseau d’images et de mythes

Dans cette saga qui brasse tant de personnages, d’événements, de faits, qui accumule les cas cliniques sans jamais les séparer du poids obsédant du monde social, de l’univers des métiers, des divertissements, des affaires, passent ce que Michel Serres considère comme les vrais savoirs contemporains de Zola. Sa « prétention scientifique » n’est donc pas vaine, sans compter qu’elle est dirigée contre un romanesque qui dissimule en idéalisant ou en déplaçant les vrais mécanismes sociaux, ce qui lui donne valeur politique : nommer et montrer c’est alors être homme de gauche et républicain. À cet intérêt premier s’en ajoute aussitôt un autre, qui fait de Zola un écrivain authentique : tous les critiques ont remarqué la formidable métamorphose mythique dont un roman de Zola est le lieu. Les forces cosmiques - la terre et les puissantes germinations qui la travaillent, ou le ciel comme échappée vers la pureté - autant que les forces d’une nature indomptée sont là : le sexe, la violence, que Freud appellera bientôt l’instinct de mort en l’homme, la volonté de détruire et de se détruire, le continent terrifiant du féminin, la folie, la fureur de l’argent et de la jouissance. À tous ces mots conviendraient des majuscules : ce sont des allégories, ce qui donne au romanesque de Zola un souffle épique qui n’empêche pas des caractères et des individualités d’émerger. Les Rougon‑Macquart assureront à Zola l’indépendance financière qu’il désirait, et il en gérera la rentabilité en associant publication en feuilletons et en volumes, en adaptant pour le théâtre certains de ses romans et en tirant parti des scandales qui accompagneront plusieurs de ses œuvres.

5) Le mouvement naturaliste et ses membres

Dans une fin du XIXe siècle fascinée par la science, le naturalisme, véritable système d’analyse et d’explication de la nature, est l’aventure d’un groupe fortement structuré par la personnalité d’Émile Zola. Afin de chercher la vérité et de la donner à voir, il privilégie le roman, qui sera plus que tout autre le genre des grandes œuvres naturalistes. Prenant la relève du réalisme, qui a surtout cherché à décrire minutieusement la réalité, le naturalisme prétend faire de la littérature un mode d’expérimentation du monde réel. La tradition attribue à Zola la remise à la mode du terme « naturaliste » pour désigner une littérature scientifique, qui « obéisse à l’évolution générale du siècle ». Pourtant, si le mouvement parvient pendant vingt ans à penser la fin tourmentée du XIXe siècle, il se sclérosera peu à peu, et n’aura plus à proposer qu’une caricature de la science dont il s’est nourri et une perversion du roman, à force de répétition schématique.

Le naturalisme est l’aventure d’un groupe dont le fédérateur est Emile Zola. Ses disciples sont entre autres Guy de Maupassant, Huysmans, Daudet, Mirbeau, Céard, Hennique, Paul Alexis (ami de Zola), Vallès à certains égards. Le naturalisme était aussi présent en Suisse, en Italie, au Brésil.

6) Mon avis sur l’Assommoir

Cette œuvre m’a paru très bien écrite et riche en détails. En effet, les rues et l’environnement de Paris sont très bien écrits. On trouve une description étonnante de la société du Paris du XIXème siècle. Cet ouvrage m’a également paru très triste et grave, racontant la fatalité de la vie et un monde basé sur les mensonges c’est-à-dire qu’on ne peut se fier à personne. De plus, à cause d’un malheureux accident, la vie de Gervaise est à jamais bouleversée.

J.D